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Les points-clés de la compatibilité PC-Linux

octobre 2003

Tel ou tel PC est-il compatible avec linux ? S’il est impossible de répondre de manière certaine et exhaustive, on peut tout de même vérifier quelques points-clés. Au moins évitera-t-on les problèmes les plus fréquents.

Toutes les parties d’un ordinateur peuvent être source d’incompatibilité avec linux. Précisons que l’on parle ici d’un linux muni de tous les logiciels nécessaires à une utilisation classique en poste de travail multimédia. Si l’on souhaite mettre en place un serveur, la plupart des points noirs d’incompatibilité disparaissent sauf, peut-être, la prise en compte de composants récents gérant le RAID. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut encore s’entendre sur ce que l’on appelle "incompatibilité". Linux étant un logiciel libre, il offre de nombreuses possibilité de contournement des problèmes. Au pire, on peut toujours réécrire le programme incompatible avec un matériel... Pour le commun des mortels, cela n’est pas même envisageable. Il faudra donc prendre la mesure de certaines déclarations. Ce n’est pas parce qu’un utilisateur affirme (sans déformer) avoir réussi à utiliser telle carte ou tel composant, que vous y arriverez. Pour débuter en linux, il est préférable de retenir la définition suivante : est "compatible" un matériel immédiatement utilisable après installation du système linux.

Dans le contexte qui nous intéresse, les parties les plus sensibles sont : la carte graphique, la carte audio, les circuits d’économie d’énergie, la carte ethernet, le bios. Attention, les cartes-mères intégrant de plus en plus de fonctions (graphique, réseau, modem, audio) c’est sur elles que se reportent (et se cumulent !) les incompatibilités.

Qu’il s’agisse d’une carte additionnelle ou d’une carte-mère évoluée, l’incompatibilité vient toujours du type de composant électronique (puce) utilisé, pour la fonction considérée. Il ne faut donc pas, par exemple, s’attacher à la marque figurant sur l’emballage d’une carte ethernet. Il faut connaitre le modèle et le fabriquant de la puce figurant sur la carte. Tout bon revendeur doit être capable de vous le dire. Au pire, il ouvrira la boîte et lira "bêtement" ce qui est inscrit sur la puce. C’est aussi simple que ça !

La compatibilité s’évalue en fonction du composant isolé et non de la marque du produit acheté. C’est sous cette forme que l’on trouvera souvent les informations de compatibilités (ou d’incomptabilité). Ainsi, on apprendra que toutes les cartes graphiques utilisant le composant "Nvidia Geforce3" sont moyennement compatibles, quel que soit la marque de la carte. Mais il arrive que l’on recueille une information de compatibilité donnant le nom du produit. Par exemple, on pourrait apprendre que la carte grapique "Leadtek Winfast Titanium 200" est moyennement compatible. Ce type d’information n’est utilisable que si elle indique très (tres !) précisément le produit (marque, modèle, sous-modèle, version...). Dans certains cas, il faudrait même fournir le numéro de série puisque les fabriquants de cartes peuvent changer les composants sans changer le nom commercial du produit final... En cas de mention incomplète, ce n’est pas vraiement une information ; tout juste une mise en garde.

La carte graphique

Comme nous l’évoquions dans les exemples précédents, l’incompatibilité peut n’être que partielle. Ainsi, de nombreux circuits Nvidia sont utilisables mais l’accélaration graphique 3D sera déficiente. Autre problème classique, le contrôle direct de la carte par un logiciel de vidéo sera impossible (ou très compliqué à mettre en oeuvre). Il en résultera un affichage de moins bonne qualité (fluidité, plein écran, pixelisation, etc.).

Le domaine des cartes graphiques est très dynamique, plusieurs fabriquants de composants se livrant à un concurrence acharnée. Il y a donc, sans arrêt, de nouveau composants, chacun posant potentiellement des problèmes d’incompatibilité. On en arrive à la situation grotesque où, soit on n’a pas d’information de compatibilité, soit on a l’information mais le produit n’est déjà plus commercialisé (ou plus à un tarif concurrentiel) !

Comme souvent, le plus sûr sera de tourner vers un modèle "ancien" utilisant un composant connu, quitte à le payer un peu plus cher. Il est plus que conseillé d’accepter, d’entrée de jeu, ce surcoût de compatibilité linux. Vouloir gagner quelques euros peut suffire à rendre exécrable l’expérience que l’on aura de linux. Avec linux, on fait des économies considérables sur le logiciel, alors qu’avec Windows-MacOS on a pris l’habitude de grapiller des miettes sur le matériel. Vouloir gagner sur les deux tableaux est un jeu dangereux.

La compatibilité graphique de GNU-linux se détermine par rapport à son système de fenêtrage graphique : Xfree. C’est à ce niveau que se définit le degré d’incompatibilité. Pourtant, comme sous Windows, la compatibilité effective sera conditionnée au bon réglage du bios.

Enfin, les amateurs de vidéo numérisée seront particulièrement sensibles à la possibilité d’utiliser et contrôler les sorties "TV" de leur carte graphique. C’est là une nouvelle source d’incopatiblité. Une carte peut sembler parfaitement reconnue... tant qu’on se limite à la sortie sur moniteur informatique.

Le circuit audio

Le problème de l’audio se situe à deux niveaux majeurs. Avec certains composants, linux est incapable de produire un son correct. Avec d’autres, il ne parviendra pas à exploiter les possibités multi-canaux des circuits actuels. En utilisation multimédia cela peut poser problèmes (home cinéma, par ex.).

Ce circuit étant de plus en plus souvent intégré sur la carte-mère, l’ajout d’un carte son peut permettre de contourner l’incompatibilité. Mais il faut être conscient que la présence de deux circuits de son dans le même ordinateur peut, à son tour, provoquer des incompatibilités. La qualité de conception de la carte-mère et la facilité de réglage du bios font alors la différence. Mais, mieux vaut éviter les incompatibilité qu’essayer de les résoudre.

L’économie d’énergie

Aujourd’hui, tous les ordinateurs proposent des modes de fonctionnement économique : arrêt des disques, extinction de l’écran, ralentissement du processeur. Tous ces dispositifs sont source d’incompatibilité.

Conclusion

On le voit, il y a une grande différence entre une compatibilité de surface et une compatibilité totale, permettant d’exploiter à fond toutes les possibilités du matériel. Cette compatibilité peut être obtenue avec plus ou moins d’efforts. Elle sera immédiate si l’installation d’une distribution standard (Mandrake, Debian, etc.) la procure directement, sans autre intervention de l’utilisateur. Mais il y aura des cas où une certaine maîtrise de l’informatique sera indispensable (compilation, parex.).

Ces difficultés ne sont pas spécifiques à GNU-Linux. Les utilisateurs de MacOS ou de Windows les rencontrent également. L’ajout d’une carte, d’un périphérique, passe presque toujours par l’installation "d’extensions" ou de "pilotes". Il n’est pas exceptionnel que l’extension en question entre en conflit avec une autre extension, exploite imparfaitement le matériel, ou que le pilote soit incompatible avec telle ou telle version de MacOS ou Windows.

Aujourd’hui, l’écart entre les deux systèmes majeurs (Windows et Linux) se réduit. Le mérpis systématique des fabriquants de matériels informatiques à l’égard de Linux fait partie du passé. Il arrive même que des distributions Linux reconnaissent parfaitement des matériels récents que les dernières versions de Windows détectent mal. Le choses changent ;-)